SCOPE ET RÉGLEMENTATION

Charlène Grenet
Mai 2026 · 10 min de lecture
Réponse courte
Le Scope 1 couvre les émissions directes de l'entreprise (flotte, chaudières). Le Scope 2, l'énergie qu'elle achète (électricité des bureaux et des serveurs internes). Le Scope 3, tout le reste de la chaîne de valeur : pour une entreprise de services, 70 à 90 % de l'empreinte totale. Les achats de publicité digitale tombent en Scope 3 catégorie 1, les déplacements en catégorie 6, l'usage des services numériques vendus en catégorie 11. Un budget media de plusieurs millions d'euros place souvent le digital dans le top 3 des postes Scope 3.
Publié en mai 2026. Mis à jour le 23 septembre 2026 : tableau comparatif des trois scopes, exemple chiffré par levier, FAQ, calendrier réglementaire aligné sur la directive Omnibus.
Les équipes marketing découvrent la structure en trois scopes au moment où leur direction RSE, ou un client grand compte, leur demande des données. Ce guide explique ce que chaque scope couvre, pourquoi le Scope 3 concentre l'essentiel, et où tombent précisément les activités digitales.
Le cadre des trois scopes vient du GHG Protocol, le standard international de comptabilité carbone repris par la CSRD et par l'ESRS E1.
| Scope | Ce qu'il couvre | Exemple côté marketing |
|---|---|---|
| Scope 1 | Émissions directes, sous contrôle de l'entreprise | Véhicules de la flotte, chauffage des locaux. Marginal pour une direction marketing |
| Scope 2 | Énergie achetée : électricité, chaleur, vapeur | Électricité des bureaux et des serveurs internes. Faible en France grâce au mix électrique |
| Scope 3 | Chaîne de valeur amont et aval, en 15 catégories | Achats media, prestations d'agence, abonnements SaaS, déplacements, usage des services vendus |
Combustion de carburant dans les véhicules de flotte, chaudières, procédés industriels internes. Ce sont les émissions sur lesquelles l'entreprise a le contrôle le plus direct. Pour une direction marketing ou une agence, le Scope 1 reste faible.
Électricité, chaleur ou vapeur achetées à l'extérieur : bureaux, serveurs internes, équipements informatiques. En France, le mix électrique peu carboné maintient ce scope bas. Il grimpe pour les entreprises dont les serveurs sont hébergés dans des pays à mix charbon dominant.
Toutes les émissions qui se produisent hors du périmètre direct, en amont et en aval. C'est de loin le scope le plus large : 70 à 90 % de l'empreinte totale pour la plupart des entreprises de services. Le GHG Protocol le découpe en 15 catégories. Trois concernent directement le marketing.
Pour une entreprise qui investit plusieurs millions d'euros par an en publicité digitale, le Scope 3 catégorie 1 pèse plusieurs dizaines de tonnes de CO2e. Le digital arrive souvent dans le top 3 des postes une fois le périmètre cartographié correctement.
L'écart entre leviers explique pourquoi un chiffre agrégé ne sert à rien. Pour 1 000 impressions, comptez environ 0,9 gCO2e en search texte, 1,5 g en display statique, 1,6 g en social et 3,5 gen vidéo instream, d'après le référentiel SRI et NégaOctet. Un facteur proche de 4 entre le search et la vidéo, sur des volumes identiques.
Deux obstacles expliquent que ce scope reste sous-estimé :
Le détail de ce que recouvrent les catégories 1 et 11 pour la publicité est traité dans Scope 3 catégories 1 et 11 appliquées à la publicité. Pour agir une fois la mesure faite, voir les leviers de réduction du Scope 3 marketing.
C'est la confusion la plus fréquente. Quand Google diffuse votre publicité depuis ses datacenters, l'énergie consommée par ces serveurs constitue le Scope 2 de Google. Pour vous, annonceur, la même diffusion est du Scope 3 catégorie 1, au titre de l'achat de service.
La distinction évite le double comptage dans les bilans sectoriels. Pour votre reporting d'entreprise, la règle tient en une phrase : tout ce que vous achetez à l'extérieur et qui génère des émissions relève de votre Scope 3.
Chaque euro dépensé en Google Ads, Meta Ads, programmatique ou auprès d'une agence media génère des émissions qui entrent dans votre Scope 3 catégorie 1. Ce n'est pas l'empreinte de Google ou de Meta : c'est la vôtre, en tant qu'acheteur.
Un chiffre annuel agrégé au niveau du compte ne tient pas devant un auditeur. L'ESRS E1 attend une donnée par poste d'émission, une méthode documentée et une piste d'audit. Aucune plateforme ne livre cela de façon standardisée aujourd'hui.
Les équipes RSE savent qu'elles doivent déclarer le Scope 3, sans savoir calculer l'empreinte d'une campagne programmatique. Les équipes media détiennent les impressions, les formats et les volumes, sans savoir qu'en faire pour un reporting carbone. Combler ce fossé passe avant l'achat d'un outil.
Le Scope 1 regroupe les émissions directes de l'entreprise, comme la combustion de carburant de sa flotte ou de ses chaudières. Le Scope 2 couvre l'énergie achetée : électricité, chaleur, vapeur. Le Scope 3 couvre toute la chaîne de valeur, en amont et en aval, découpée en 15 catégories par le GHG Protocol. Pour une entreprise de services, le Scope 3 représente 70 à 90 % de l'empreinte totale.
En Scope 3 catégorie 1, achats de biens et services. Cela couvre le media acheté, les prestations d'agence et les abonnements aux outils marketing. Les déplacements des équipes relèvent de la catégorie 6, et l'usage des services numériques vendus de la catégorie 11.
Dans votre Scope 3. L'énergie consommée par les datacenters de Google constitue le Scope 2 de Google. Pour vous, annonceur, la diffusion achetée est un service acquis à l'extérieur, donc du Scope 3 catégorie 1. Cette distinction évite le double comptage dans les bilans sectoriels.
Pour 1 000 impressions, comptez environ 0,9 gCO2e en search texte, 1,5 g en display statique, 1,6 g en social et 3,5 g en vidéo instream, d'après le référentiel SRI et NégaOctet. Soit un facteur proche de 4 entre le search et la vidéo à volume identique : c'est pourquoi un chiffre agrégé au niveau du compte ne permet aucun arbitrage.
Les volumes de diffusion par levier et par format, les facteurs d'émission avec leur source et leur version, la méthode de calcul écrite, et les exports de plateformes conservés. L'ESRS E1 attend une donnée par poste significatif avec une piste d'audit, pas un total annuel.
Ce qu'il faut retenir
Les Scopes 1 et 2 se traitent avec la comptabilité et les factures d'énergie. Le Scope 3 demande d'aller chercher la donnée chez les autres, et c'est là que se trouve l'essentiel de l'empreinte d'une entreprise de services. Vous pouvez estimer la part media de votre Scope 3 avec le simulateur gratuit, ou lire la méthodologie détaillée et ses sources.
Pour aller plus loin
Carbalytics mesure l'empreinte carbone de vos campagnes avec la granularité par levier et la piste d'audit attendues en ESRS E1.
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