RÉGLEMENTATION
Le principe central de la CSRD : évaluer ses enjeux selon l'impact de l'entreprise sur l'environnement ET les risques environnementaux sur l'entreprise.
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La double matérialité est un principe central de la CSRD qui demande aux entreprises d'évaluer leurs enjeux de durabilité selon deux perspectives simultanées : l'impact de l'entreprise sur l'environnement et la société (matérialité d'impact), et l'impact des facteurs environnementaux et sociaux sur la performance financière de l'entreprise (matérialité financière).
Cette dimension mesure les effets que l'entreprise produit sur l'environnement et la société. Elle pose la question : quels dommages ou quelles contributions positives notre activité génère-t-elle ?
Pour une direction marketing, des exemples de matérialité d'impact :
- L'empreinte carbone des campagnes digitales achetées (Scope 3 catégorie 1)
- Les ressources énergétiques consommées par les sites web et les bases de données
- La contribution à la surconsommation via les campagnes publicitaires
Cette dimension mesure les risques et opportunités que les enjeux environnementaux et sociaux font peser sur la performance financière de l'entreprise. Elle pose la question : comment les évolutions environnementales et réglementaires affectent-elles notre modèle d'affaires ?
Pour une direction marketing, des exemples de matérialité financière :
- Le risque de restriction réglementaire sur la publicité ciblée (ePrivacy, données tierces)
- Le risque de réputation lié aux allégations environnementales non vérifiées (Green Claims Directive)
- Le risque d'augmentation du coût des impressions sur les inventaires à forte empreinte si des taxes carbone s'appliquent
- L'opportunité de différenciation sur des pratiques media plus responsables
La matérialité financière classique (utilisée dans les rapports annuels IFRS) mesure uniquement ce qui affecte la valeur de l'entreprise pour les actionnaires. La double matérialité CSRD est plus large : elle inclut les impacts sur la planète et la société, même s'ils n'ont pas d'effet financier immédiat sur l'entreprise.
Un impact peut être matériel d'un seul côté :
- L'empreinte carbone des campagnes est matérielle côté impact, même si elle n'affecte pas encore le compte de résultat
- Le risque de réputation lié au greenwashing est matériel côté financier, même si l'empreinte réelle est faible
La double matérialité oblige à prendre en compte les deux dimensions et à documenter l'analyse. Il ne suffit pas de déclarer "cet enjeu n'est pas matériel" sans justification.
Pour l'empreinte des campagnes digitales :
Matérialité d'impact : l'empreinte carbone des achats media est-elle significative ? Si le budget media dépasse quelques centaines de milliers d'euros, la réponse est généralement oui. Elle doit apparaître dans le reporting Scope 3.
Matérialité financière : quels risques le durcissement réglementaire (CSRD elle-même, Green Claims Directive, restrictions cookies) fait-il peser sur les pratiques media actuelles ? Ces risques sont-ils quantifiables ?
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