DONNÉES ET CONTEXTE

Charlène Grenet
Septembre 2026 · 7 min de lecture
Le numérique représente environ 4,4% de l'empreinte carbone nationale française selon les estimations de l'ADEME. C'est un chiffre macro qui cache des réalités très différentes selon les usages : la fabrication des équipements terminaux (smartphones, ordinateurs, TV) représente la part la plus importante, souvent ignorée dans les discussions sur l'empreinte du numérique. Les usages professionnels, dont la publicité digitale, contribuent de façon significative mais mesurable. Tour d'horizon des données disponibles.
L'ADEME publie régulièrement des données sur l'empreinte environnementale du numérique en France. Les dernières estimations disponibles (rapport "Empreinte environnementale du numérique en France", ADEME-Arcep) donnent une image structurée de la contribution de chaque segment.
La fabrication des équipements terminauxreprésente 40 à 50% de l'empreinte totale du numérique. Un smartphone neuf génère en moyenne 70 à 80 kgCO2e lors de sa fabrication (extraction des matériaux, assemblage, transport). C'est l'ordre de grandeur d'une centaine de recherches Google.
Les réseaux de télécommunicationreprésentent environ 20 à 25% de l'empreinte numérique. Le réseau mobile (4G, 5G) est plus émetteur que le réseau fixe (fibre, ADSL) pour transmettre la même quantité de données.
Les datacenters et serveursreprésentent environ 15 à 20% de l'empreinte. La France bénéficie d'un mix électrique peu carboné, ce qui positionne ses datacenters parmi les moins émetteurs d'Europe.
Les terminaux en usage(phase d'utilisation, hors fabrication) représentent environ 10 à 15% de l'empreinte. Les grands écrans (TV, moniteurs) consomment plus que les smartphones.
NégaOctet, le référentiel français développé en partenariat avec l'ADEME, propose une approche cycle de vie qui inclut la fabrication dans ses facteurs d'émission. C'est cette approche qui fait référence pour les bilans GES du numérique en France et qui est utilisée dans le référentiel SRI/Alliance Digitale.
NégaOctet, le référentiel qui mesure l'empreinte numérique explique la méthode et comment l'appliquer.
La publicité digitale n'est pas isolée statistiquement dans les données ADEME, qui mesurent les usages du numérique (streaming vidéo, email, navigation web, jeux en ligne...) sans distinguer le contenu commercial du contenu éditorial.
On peut estimer que la publicité digitale représente entre 5 et 15% du trafic de données sur le web selon les sources, ce qui la positionne comme un contributeur significatif mais pas dominant de l'empreinte numérique totale.
Ce chiffre varie fortement selon les leviers : le programmatic vidéo est disproportionnellement émetteur par rapport à sa part de marché publicitaire en raison du poids des créatifs et de la complexité de la chaîne.
L'augmentation des volumes.Malgré les gains d'efficacité des équipements et des réseaux, la consommation de données continue d'augmenter. Le développement de la vidéo haute définition, du CTV et du streaming audio tire l'empreinte numérique à la hausse, même si les facteurs d'émission unitaires baissent.
La 5G.Le déploiement de la 5G soulève des questions sur son empreinte. La 5G est plus efficace par Go transféré que la 4G, mais elle est susceptible d'induire des usages plus gourmands en données. Les données sur l'empreinte réelle de la 5G sont encore partielles en 2026.
L'intelligence artificielle.Les modèles d'IA générative (génération d'images, de texte, de vidéo) ont une empreinte d'entraînement et d'inférence significative. Leur intégration dans les outils publicitaires (création automatique de variants, personnalisation en temps réel) ajoute un poste d'émission nouveau dans la chaîne de la publicité digitale.
La transition vers les renouvelables des grands datacenters.Google, Meta et les principaux cloud providers avancent vers 100% d'énergie renouvelable pour leurs datacenters. Cette transition réduit progressivement le facteur d'émission de la partie serveur de l'empreinte numérique.
Pour une entreprise qui cherche à réduire son empreinte numérique globale, trois axes ont le plus d'impact :
La publicité digitale s'inscrit dans le deuxième axe. Réduire l'empreinte des campagnes (formats, chaîne programmatic, viewability) contribue à la réduction de l'empreinte numérique globale de l'entreprise.
Pour aller plus loin
Carbalytics mesure l'empreinte de vos campagnes digitales et vous situe par rapport aux benchmarks sectoriels.
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