STRATÉGIE MEDIA

Empreinte carbone de la vidéo outstream et du rich media : le poste qui pèse le plus

Charlène Grenet

Charlène Grenet

Juin 2026  ·  8 min de lecture

Formats vidéo et rich media affichés sur plusieurs écrans, illustrant leur empreinte carbone

Dans un plan media, un format concentre l’essentiel des émissions : la vidéo. Et au sein de la vidéo, l’outstream et le rich media tiennent le haut du classement. Ces formats se chargent souvent avant même d’être vus, pèsent lourd en données, et convertissent mal. C’est exactement le profil d’un levier à arbitrer en priorité.

Cet article approfondit un point clé du guide complet de l’empreinte carbone des campagnes digitales : pourquoi la vidéo domine l’empreinte d’un plan, et comment agir.

Outstream, instream, rich media : de quoi parle-t-on

L’instream est une vidéo diffusée dans un contenu vidéo (avant ou pendant une vidéo éditoriale). L’outstream est une vidéo insérée dans un contenu non vidéo : elle se déclenche dans un article, un fil, entre deux paragraphes. Le rich media regroupe les formats interactifs et animés, plus lourds qu’une bannière statique. Ces trois familles partagent un point commun : elles transfèrent beaucoup plus de données qu’un format image.

Pourquoi la vidéo pèse deux à trois fois plus

L’empreinte d’un format suit le volume de données transféré. Une vidéo HD mobilise des serveurs, des réseaux et un terminal sur plusieurs secondes, là où une bannière statique se charge une fois et s’arrête. Les facteurs documentés par le SRI et NégaOctet traduisent cet écart : on passe d’environ 1,5 gCO₂e pour 1 000 impressions en display statique à environ 3,5 gCO₂e pour 1 000 impressions en vidéo instream.

FormatOrdre de grandeurFacteur de poids
Display statique~1,5 gCO₂e / 1 000 impr.Référence
Social image~1,6 gCO₂e / 1 000 impr.Comparable au display
Vidéo instream~3,5 gCO₂e / 1 000 impr.2 à 3 fois le display
Vidéo outstream, rich mediaSupérieur à l’instreamAggravé par l’autoplay et la faible viewability

Le streaming vidéo donne l’échelle : NégaOctet retient 62,2 gCO₂e par heure pour de la vidéo 1080p sur réseau fixe en France. La publicité ne dure que quelques secondes, mais multipliée par des millions d’impressions, l’ordre de grandeur grimpe vite.

Le vrai problème de l’outstream : il se charge sans être vu

L’outstream a une faiblesse structurelle. Comme il s’insère dans un contenu non vidéo, il se déclenche souvent en autoplay alors que l’utilisateur n’a pas atteint la zone d’affichage, ou la dépasse en scrollant. La vidéo se charge, consomme des données, émet du CO₂, mais n’est pas réellement vue. C’est de l’empreinte sans valeur.

Ce gaspillage rejoint celui des impressions non vues : une impression chargée et non vue coûte en émissions sans rien rapporter. Sur la vidéo, le coût unitaire de ce gaspillage est bien plus élevé que sur le display.

Une vidéo outstream qui se charge en autoplay sans entrer dans le champ de vision cumule le pire des deux mondes : le poids de la vidéo et l’inutilité de l’impression non vue.

Les leviers de réduction sans perdre en performance

Désactiver l’autoplay sur les inventaires à faible viewability : la vidéo ne se charge que si elle a une chance d’être vue.
Plafonner le poids et la durée des créatifs vidéo : un encodage maîtrisé réduit les données transférées sans dégrader le rendu perçu.
Privilégier l’instream qualifié à l’outstream de remplissage quand l’objectif est l’attention réelle.
Adapter la qualité au contexte de diffusion plutôt que diffuser systématiquement en HD.

Ces actions s’inscrivent dans une logique plus large de réduction de la consommation énergétique des campagnes. Sur la vidéo, elles cumulent souvent un double bénéfice : moins d’émissions, et un budget réalloué vers de l’inventaire réellement vu.

Ce qu’il faut retenir

La vidéo outstream et le rich media sont les formats les plus émetteurs d’un plan, parce qu’ils transfèrent beaucoup de données et se chargent souvent sans être vus.

Agir sur l’autoplay, le poids des créatifs et la viewability réduit l’empreinte là où elle est la plus concentrée, sans sacrifier l’attention réellement captée.

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