RÉGLEMENTATION CSRD

Charlène Grenet
Juin 2026 · 6 min de lecture
La CSRD ne s'applique pas directement aux PME non cotées. Mais leurs clients grands comptes, eux, y sont soumis. Et pour calculer leur Scope 3, ces clients ont besoin de données sur l'empreinte des services qu'ils achètent, notamment les prestations media et les campagnes digitales gérées par leurs fournisseurs. C'est l'obligation indirecte : elle n'est pas dans la loi, mais elle arrive par la demande client.
Une entreprise de plus de 500 salariés soumise à la CSRD doit déclarer ses émissions Scope 3 catégorie 1 : l'empreinte des services qu'elle achète. Si elle vous confie la gestion de ses campagnes media ou si elle achète vos prestations d'agence, ces prestations font partie de son Scope 3.
Pour calculer ce Scope 3, elle a besoin de savoir quelle empreinte carbone ces prestations ont générée. Ce que ses équipes RSE cherchent, c'est une donnée par prestataire : "quelle est l'empreinte carbone des campagnes que vous avez gérées pour nous cette année ?"
Cette demande arrive de deux façons : soit via un questionnaire annuel envoyé à l'ensemble des fournisseurs significatifs (souvent en fin d'exercice, dans l'urgence), soit intégrée dans les appels d'offres et les renouvellements de contrat.
Les demandes varient selon les clients et leur niveau de maturité sur le sujet, mais les informations typiquement attendues sont :
Les clients les plus avancés demanderont en plus : la version du référentiel, les facteurs d'émission appliqués, et une déclaration sur la méthode permettant à leur auditeur de valider les données.
Pour une agence qui gère les campagnes de plusieurs grandes entreprises, l'obligation indirecte crée une pression nouvelle : être en mesure de produire une donnée d'empreinte par client, par exercice, avec une méthode documentée.
Deux configurations se présentent.
L'agence n'a pas de méthode de mesure carbone.Elle doit en développer une, ou s'appuyer sur un outil tiers, avant que les demandes clients arrivent en masse. Construire cette capacité en réaction aux demandes, dans l'urgence, produit des données de mauvaise qualité et crée de la friction dans la relation client.
L'agence a une méthode mais elle n'est pas conforme aux attentes CSRD.Une calculette interne basée sur des forfaits "x gCO2 par euro de budget" sans référentiel sourcé ne sera pas acceptée par le commissaire aux comptes du client. Elle répond à la demande en surface mais crée un problème à l'audit.
Comment les grandes entreprises évaluent leurs agences sur le carbone détaille les critères de sélection et les questions posées en appel d'offres.
Pour les éditeurs et les régies qui vendent de l'inventaire publicitaire, la pression vient des annonceurs et des agences qui leur demandent des données d'empreinte par placement ou par campagne.
Le référentiel SRI/Alliance Digitale V2 a précisément été conçu pour répondre à ce besoin : il permet aux régies de calculer l'empreinte des impressions qu'elles vendent et de fournir cette donnée à leurs clients de façon standardisée et comparable. Le référentiel SRI/Alliance Digitale V2 détaille ce que ce standard couvre.
Pour aller plus loin
Carbalytics mesure l'empreinte des campagnes que vous gérez et produit les données dans le format attendu par les équipes RSE de vos clients.
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